Aujourd'hui je suis très heureuse et fière de laisser la parole à l'écrivain Tatiana de Rosnay. J'avais récemment lu son roman "Le Voisin" (que je vous conseille !) et se fut une excellente surprise de découvrir son message dans ma boîte mail.

Il y a des personnes que l'on pense être "loin" de soi, avec lesquelles l'on se dit que l'on n'aura jamais d'échanges, parce que selon nous elles évoluent dans un "autre monde". J'ai eu la preuve que NON et que finalement tout est possible ! 

Une histoire de cheveux blancs, m'a permis d'échanger avec Tatiana de Rosnay..., et je me répète une nouvelle fois :  je suis très heureuse qu'elle m'ait proposée de partager son parcours sur "50 nuances de gris", qu'elle ait fait ce pas vers nous toutes.

Ici nous sommes simplement des femmes qui ont fait le choix d'accepter leurs cheveux blancs, qui sont passées par des moments de doutes, de découragement, qui ont bien souvent rencontré les mêmes déboires avec les produits colorants, qui ont ressenti cet esclavage, le ras le bol et l'envie de dire STOP qui en découlent. Tatiana de Rosnay en fait partie ! Une femme comme nous toutes...

Merci beaucoup Tatiana ! 

image1 (4)

Les miens sont venus tôt, hérédité oblige. Mon coiffeur affiche une moue dubitative ; à 30 ans, selon lui,  je suis « trop jeune pour avoir des cheveux blancs ». Hop ! me voilà redevenue brune. Un brun banal, homogène. L’été, sous le soleil, ça vire à l’orange. Le chlore des piscines, le sel de la mer n’arrangent rien. A la rentrée, je suis rousse ascendant cuivré. Une deuxième teinture répare les dégâts. Commence alors une nouvelle obsession, celle des racines. Je me surprends à faire ce geste affreux : tirer sur la raie des cheveux pour constater l’avancée insidieuse du blanc. Plus celui-ci apparaît, plus la fréquence des teintures s’accélère. 

Cet esclavage commence à m’irriter, la teinture étalée toutes les trois semaines aussi : mon crâne me démange ! Sans parler de l’effet final : des cheveux aux racines lourdes, au toucher plastique, façon mèches de poupée. 

Stop ! Après une décennie de teinture, une idée fait son chemin : et si je laissais faire la nature ? Ma décision est prise. Pendant un an – c’est long –, j’arbore un chapeau dès que je mets le pied dehors. Je retourne chez le coiffeur – un autre, qui accepte de ne plus me teindre – faire couper régulièrement les pointes.

Effet désastreux pendant dix mois : crête grise, bouts marronnasses, je serre les dents (mon mari aussi). Puis, enfin, me voilà "en vraie". Une chevelure soyeuse, saine, un beau châtain strié d’argent. En harmonie avec mon teint, mes yeux. Je trouve cela joli (mon  homme aussi). Je laisse. 

Débute alors un autre parcours du combattant. Le regard des autres. Et leurs commentaires. Les pires ? Ceux des copines (teintes). « Tu fais petite vieille qui essaie de s’habiller jeune. » « Je ne sais pas comment tu peux supporter tous ces cheveux blancs. » Ou encore : « Tu te laisses aller ! » Remarques qui peuvent faire renaître le doute en soi si on les prend trop à cœur....

Mais je tiens le choc. Mon mari, lui, aime mes cheveux et trouve une façon très amusante de les décrire, "poivre et sexe". 

10 ans plus tard, je sais que je me teindrai plus jamais les cheveux. Ils sont devenus ma marque de fabrique, et je porte le gris avec fierté. 

Ils sont longs, alors qu'on m'avait toujours affirmé  qu'il fallait que les cheveux gris soient courts. Je ne suis pas d'accord! Aucun laisser aller,  j'utilise des shampooings spécifiques, et ma coupe dégradée est rafraîchie tous les mois. 

Lorsque  je croise une autre Silver Sister, ( il y en a de plus en plus , joie !) nous échangeons un petit sourire de connivence.

Quand j'ai découvert l'existence de ce blog, cela m'a fait très plaisir, j'aurais bien aimé qu'il soit déjà là au moment où j'ai décidé de sauter le pas... 

Amitiés à toutes les Silver Sisters ! 

Tatiana de Rosnay